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Ukraine : Kiev et Moscou s'accusent de multiples violations de la trêve pascale
information fournie par AFP 12/04/2026 à 15:48

Un policier russe inspecte une maison détruite après une attaque aérienne à Yasynuvata, dans la région ukrainienne de Donetsk contrôlée par la Russie, le 11 avril 2026 ( AFP / STRINGER )

Un policier russe inspecte une maison détruite après une attaque aérienne à Yasynuvata, dans la région ukrainienne de Donetsk contrôlée par la Russie, le 11 avril 2026 ( AFP / STRINGER )

L'Ukraine et la Russie se sont mutuellement accusées dimanche d'avoir violé à des centaines de reprises le cessez-le-feu instauré sur le front en Ukraine à l'occasion de la Pâque orthodoxe, Moscou rejetant une prolongation de cette trêve si Kiev ne se plie pas à ses demandes.

Cette cessation des hostilités a commencé samedi à 16H00 (13H00 GMT) et doit s'achever dimanche en fin de journée, soit une période de 32 heures.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait accepté ce cessez-le-feu proposé par son homologue Vladimir Poutine, affirmant que son pays répondrait "coup sur coup" à la moindre de ses violations par la Russie.

Comme pendant une trêve de Pâques similaire, l'année dernière, le silence sur le front, long de 1.200km, est très précaire.

Le président russe Valadimir Poutine fait le signe de croix durant la messe de la Pâque orthodoxe à Moscou le 12 avril 2026 ( POOL / Alexander Zemlianichenko )

Le président russe Valadimir Poutine fait le signe de croix durant la messe de la Pâque orthodoxe à Moscou le 12 avril 2026 ( POOL / Alexander Zemlianichenko )

L'état-major de l'armée ukrainienne a affirmé dimanche matin que les forces russes avaient violé à 2.299 reprises ce cessez-le-feu. Quelques minutes plus tard, le ministère russe de la Défense a à son tour fait état de 1.971 cas de violation de cette mesure par les troupes ukrainiennes.

Les deux armées se sont réciproquement imputées des centaines de frappes d'artillerie, de drones, notamment sur des civils, et plusieurs attaques d'infanterie.

- "Illusion" -

Signe d'un amenuisement relatif des activités militaires, l'état-major côté ukrainien a néanmoins souligné n'avoir enregistré aucune attaque russe de drones longue distance de type Shahed, aucun largage de bombes guidées ou tir de missile, des frappes qui sont habituellement quasi-quotidiennes en Ukraine.

Dans la région de Kharkiv, dans le nord-est de l'Ukraine, le lieutenant-colonel Vassyl Kobziak, 32 ans, a affirmé dimanche matin à l'AFP que, dans son secteur, c'était "plutôt calme".

Selon cet officier de la 33e brigade mécanisée, le cessez-le-feu n'est pas "entièrement" appliqué mais la diminution de l'intensité des combats a permis dimanche matin à son unité, peu après l'aube, d'assister à une messe de Pâques dans une forêt.

"Cela continue et tu ne peux pas te détendre car, peu importe l'ennemi, il utilisera toujours le moindre moment", lâche pour sa part Igor Kryvytch, 52 ans, un soldat ayant été présent à l'office.

"Les gars en première ligne, ils n'ont pas de jours fériés, personne ne va arrêter ça", ajoute-t-il, parlant de la guerre en cours.

A Zaporijjia, une grande ville du sud-est de l'Ukraine désormais située à une vingtaine de kilomètres des premières positions russes, Victoria, une vendeuse de 21 ans, pense aussi que cette trêve n'est qu'une "illusion".

"Peut-être qu'ils ne nous bombardement pas depuis les airs mais ça veut pas dire que tout est calme dans les coins chauds" du front, dit-elle à l'AFP, sans donner son nom de famille.

Pour Vladyslav, un manager de 28 ans qui refuse également de donner son identité complète, cette trêve est même peut-être une "tactique" des forces russes, celles-ci espérant que la "vigilance" des troupes ukrainiennes baissera et qu'ils pourront déceler des "points faibles" à attaquer. "Ils ne font pas ça parce qu'ils sont de bons chrétiens", raille-t-il.

S'appuyant sur des images filmées par un drone, l'armée et le parquet ukrainiens ont accusé dimanche les militaires russes d'avoir exécuté samedi quatre soldats ukrainiens faits prisonniers sur le front, près du village de Veterynarné, dans la région de Kharkiv.

- Moscou rejette une prolongation -

Volodymyr Zelensky avait estimé samedi qu'il serait "correct" que ce cessez-le-feu soit prolongé, précisant avoir fait cette "proposition" à Moscou.

Mais le Kremlin a exclu cette possibilité, à moins que Kiev ne se plie aux conditions qu'il pose pour mettre un terme à cette guerre déclenchée par l'invasion massive russe de l'Ukraine, en février 2022.

Une "paix durable ne pourra advenir que lorsque nous aurons protégé nos intérêts et atteint les objectifs que nous nous sommes fixés dès le départ. Cela est possible dès aujourd'hui, mais Zelensky doit accepter des solutions bien connues", a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe.

Le Kremlin exige du gouvernement ukrainien des concessions politiques et territoriales, en particulier un retrait complet de la région orientale de Donetsk, partiellement contrôlée par les Russes. Des exigences rejetées par Kiev, qui les assimile à une capitulation.

L'Ukraine, quant à elle, demande de longue date un cessez-le-feu prolongé pour favoriser des négociations. Mais la Russie rejette cette idée, arguant, entre autres, du fait qu'une pause plus longue permettrait à l'armée ukrainienne de se renforcer.

Ces derniers mois, plusieurs cycles de négociations sous l'égide des Etats-Unis n'ont pas réussi à rapprocher les belligérants d'un accord pour arrêter les combats, le processus s'enlisant davantage à mesure que l'attention de Washington se déplaçait vers l'Iran.

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